Hommage à Francis Hallé

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Docteur en biologie et en botanique, diplômé de la Sorbonne et de l’université d’Abidjan, Francis Hallé sut allier connaissance académique, observations de terrain et sensibilisation des citoyens.

Ancien professeur à l’université de Montpellier, il se spécialisa en écologie des forêts tropicales humides.
De la Côte d’Ivoire au Congo, du Zaïre à l’Indonésie, il vécut parmi les forêts primaires pour mieux les étudier.
Pionnier de l’architecture des plantes, il montra que leur forme livre des informations essentielles. Créateur du Radeau des cimes, il inventa une méthode respectueuse et efficace pour explorer la canopée et comprendre les mécanismes de cette strate méconnue tant en Guyane qu’en Afrique centrale qu’ en forêt tempérée – exploration de la canopée de la foret de la Comte en Auvergne -.


Fervent défenseur des forêts primaires, il rappela qu’elles concentrent la richesse biologique de la planète. Dans divers ouvrages notamment  “Éloge de la plante” et  “Plaidoyer pour l’arbre”, il démontra l’intérêt vital des végétaux pour les hommes et de leur nécessaire  protection et exhorta les décideurs pour ne pas couper sans réflexion dans nos projets d’aménagements, dans nos villes, les grands et vieux arbres. Dix jeunes arbres ne remplacent pas un vieux disait-il.


Il expliqua comment l’arbre, à travers le concept de  “surface d’échanges biologiques” qu’ il contribuera à inventer, participe à la dépollution et au climat. Observateur patient, il révéla la variabilité génétique au sein d’un même arbre et la notion de “timidité végétale”. Passeur d’images et de science, il collabora au cinéma et sensibilisa le grand public aux forêts et leur conservation.


Sa pédagogie, son empathie pour le végétal et son exigence scientifique ont formé des générations.
Homme de terrain et esprit poétique, il sut conjuguer rigueur et émerveillement, révélés à travers les dessins de ses carnets de missions et conjugués avec une approche sensible et philosophique dans son merveilleux ouvrage “La beauté du vivant”.

Nous regrettons sa disparition le 31 décembre 2025 à Montpellier, à l’âge de 87 ans, et célébrons son œuvre. Son dernier combat fut de mobiliser autour de l’utopie de   recréer en Europe occidentale une forêt primaire.

A sa famille, ses proches, France Nature Environnement adresse toutes ses condoléances. Les forêts qu’il a aimées et ses élèves porteront longtemps le témoignage de son engagement infatigable.


Merci Professeur pour votre regard et pour l’amour bienfaisant aussi pour l’humanité, que vous avez porté sur les arbres. 2025 a vu disparaître d’autres défenseurs de l’écologie et de la Nature de Jane Goodall à Robert Redfort et le Pr Francis Halle. Nul doute que d’autres jeunes des générations actuelles sauront se nourrir de leurs héritages.

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