Les parcs éoliens en mer, le résultat d’un long processus de concertation auxquels les élus locaux ont toujours eu voix au chapitre
Il est très important que les élus locaux s’intéressent aux enjeux énergétiques et participent à l’élaboration des décisions relatives aux parcs éoliens en mer. Dans le cadre de grands projets comme les futurs parcs flottants au large du Sud Bretagne, l’État et les porteurs de projets ont organisé des phases de concertation et de débat public impliquant les élus régionaux, départementaux et municipaux, y compris des communautés de communes. De nombreuses opportunités de donner son avis ont été déployées : tous les acteurs ont pu et auraient du faire entendre leurs voix.
Nous rappelons ici les diverses instances de concertation permettant aux élus locaux de faire remonter les avis des collectivités concernées :
– La Commission particulière du débat public (CPDP) éoliennes flottantes au sud de la Bretagne du 20 juillet au 21 décembre 2020 : instance de concertation au cours de laquelle une zone d’étude est présentée au public pour déterminer la zone propice pour les deux parcs flottants et principalement la localisation du premier parc devant répondre à l’appel d’offre 5 (AO5 de 250 MW)
– La concertation dite « fontaine » pilotée par la préfecture du Morbihan (mars et avril 2023). Réunions organisées par la préfecture à la suite de la CPDP pour examiner les études d’impact, les zones propices pour les différents fuseaux de raccordement (site d’atterrage et connexion au réseau haute tension). Si ces réunions ne sont pas ouvertes au public, l’invitation est adressée à une large liste d’élus, de représentants de diverses professions et autres acteurs de la mer. Y étaient bien représentés le Conseil départemental du Morbihan et la Communauté de communes d’AQTA (Auray Quiberon Terre Atlantique).
– Le débat public « la mer en débat » piloté par la Commission Nationale de Débat Public qui s’est tenu pendant 6 mois (du 20 novembre 2023 au 26 avril 2024). Cette procédure est ouverte à tous les citoyens, notamment aux élus. Ce débat a permis d’identifier les zones de développement futurs et jusqu’à 2040 des parcs éoliens posés et flottants.
– La Commission Locale de l’Eau Golfe du Morbihan et Ria d’Etel. Cette instance étudie et rend un avis concernant le tracé à terre et ses impacts sur les cours d’eau et les milieux aquatiques. Le conseil départemental du Morbihan et la communauté de communes d’AQTA y ont un siège et n’ont pas exprimé d’opposition dans les avis émis par la CLE.
– Le Conseil Maritime de Façade Nord Atlantique Manche Ouest. Instance qui s’exprime sur la politique de planification des activités maritimes, dont les zones pressenties pour les futurs parcs éoliens en mer. Le conseil départemental du Morbihan a un siège et n’a pas exprimé d’opposition de principe au déploiement de ces énergies.
Pour chacune de ces instances de concertation, le Conseil Départemental du Morbihan et la communauté de communes d’AQTA ont donc été invités et représentés. A aucun moment, ils n’ont exprimé leur désaccord de principe sur le Projet éolien Sud Bretagne (AO5). Nos organisations ne peuvent que s’étonner que les élus mettent en cause la légitimité des instances de concertations et de consultations dont pourtant ils sont membres, certes silencieux, voire absents, mais membres.
Les décisions sur les orientations maritimes et énergétiques sont éclairées par un long processus de concertation auxquelles toutes les parties prenantes ont fait le choix de s’exprimer, ou pas. Il est regrettable que les élus et acteurs locaux contestent la décision ministérielle de planification des zones sans avoir saisi l’opportunité de le faire dans le cadre officiel des débats devant les citoyens qui les ont élus et qui peuvent partager leurs inquiétudes ou leur avis. L’implication des élus est à la fois consultative et stratégique : elle favorise le dialogue entre l’État, les collectivités territoriales et la société civile, tout en façonnant les projets pour qu’ils répondent mieux aux enjeux énergétiques et aux contraintes réelles de changement climatique. Il est de leur devoir d’y prendre part.
Comment Philippe Le Ray (président d’AQTA) et David Lappartient (président du CD 56) peuvent-ils raisonnablement soutenir qu’ils n’y ont pas été entendu, alors qu’ils ne s’y sont pas exprimés ou en ont été absents ?
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